Trouville, laboratoire de cinéma pour dix jours
L'équipe de Off-court, ici en 2007, prête pour la neuvième édition du festival de Trouville. : Archives
Pendant que Deauville déroule le tapis rouge au cinéma américain, sa voisine fait la part belleà la création et aux courts-métrages québécois.
C'est une drôle d'idée née un soir de festival américain. « Pourquoi ne pas imaginer un « off » au rendez-vous deauvillais ? » se sont demandés quelques agitateurs d'idées de Trouville, la cité voisine. L'idée fait son chemin pendant quelques mois. Puis, lors d'un déplacement au festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, Samuel Prat, futur coordinateur d'Off-courts, rencontre la Québécoise Sandra Dahlie-Goyer. C'est décidé, le festival sera prioritairement axé sur les « Rencontres France-Québec autour du court-métrage ».
Neuf ans plus tard, le festival se porte très bien, merci pour lui. La neuvième édition, du 5 au 13 septembre, se révèle plus riche que jamais. Près de 200 films, de Québec et d'ailleurs, seront projetés (dont 53 en compétition). Surtout, Trouville se transforme en studio grandeur nature et joue la carte de la création tous azimuts et du système D. Comme un clin d'oeil aux superproductions hollywoodiennes d'en face. « En 1999, nous avons rencontré des cinéastes québécois du mouvement Kino, se souvient Annie-Claude Diquélou, activiste de la première heure. Ils en avaient assez de courir après l'argent des producteurs, alors ils ont adopté une devise : faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant. » L'idée a été adaptée à la sauce normande.
Résultat, une fois l'an, des réalisateurs se promènent à Trouville avec leur caméra pour tourner un court-métrage en 48 heures. Ils seront soixante cette année. « Chaque recoin de la ville peut devenir un plateau de tournage et les Trouvillais sont régulièrement sollicités. » Ils ne s'en plaignent pas : cette année, une classe du lycée Marie-Joseph sera de la partie et un groupe de l'Association des Retraités Actifs se lance aussi dans le cinéma. Ils feront comme tout le monde, ils réaliseront un film en deux jours. lequel sera projeté lors de l'une des trois projections prévues durant ce Off-courts.
Jean-Noël LEVAVASSEUR.
Pratique. Festival Off-courts de Trouville, 9es rencontres France-Québec autour du court-métrage, du 5 au 13 septembre. www.off-courts.com
Ouest-France