Vendredi midi, à l'aéroport de Deauville-Saint-Gatien, les investigations se poursuivaient pour déterminer les causes de la sortie de piste, survenue jeudi matin, du Boeing 737 de la compagnie Atlas Blue. : Stéphane GeufroiDEAUVILLE. - « On est sorti de l'avion au bout d'une heure. Sans information. Ce n'est pas normal. » C'est l'une des réactions de colère entendues, jeudi matin, après la sortie de piste d'un Boeing 737, à Deauville-Saint-Gatien. Après l'atterrissage, vers 8 h 50, l'avion avait chassé sur du verglas avant de s'enfoncer dans l'herbe boueuse et de glisser sur une vingtaine de mètres. Grosse frayeur parmi les 168 passagers. Heureusement, aucun n'a été blessé, mais beaucoup ont été choqués et reprochent d'avoir attendu longtemps dans l'appareil, avant d'être évacués par un toboggan gonflable.
Certains n'hésitent pas à pointer l'organisation des secours. Ce que réfute Christian Fougeray, le président de la chambre de commerce et d'industrie du Pays d'Auge, gestionnaire de l'aéroport : « Les pompiers de l'aéroport étaient sur place aussitôt, prêts avec leur matériel. Après examen, il s'est avéré qu'il n'y avait aucun incendie à bord et pas de risque détecté, explique-t-il. Il a donc été décidé de faire patienter les passagers dans l'avion, le temps que l'on fasse venir des bus, que l'on n'a pas sur place. »
« A cause du froid »
La piste de l'aéroport se déroule sur 2,5 km. L'avion était immobilisé à près de 2 km de l'aérogare. « Comme il n'y avait pas d'urgence, on ne voulait pas les faire descendre dans la boue et attendre dans le froid », justifie le président de la CCI. Un argument difficile à entendre pour les passagers, dont certains soulignent la panique dans l'avion, la soif... « Une évacuation, ça ne s'improvise pas, indique aussi Marcel Leroux, ingénieur à la direction de l'aviation civile Ouest. Il vallait mieux garder les passagers à bord, le temps que tout s'organise. »
Un reproche unanime, toutefois : le manque de communication dans l'avion. « Le commandant de bord n'a rien dit, d'après ce qu'on m'a rapporté », poursuit Christian Fougeray. Marcel Leroux estime, « sans porter de jugement durant l'enquête », qu'il « aurait effectivement été de bon ton d'annoncer ce qui se passait dans l'avion. »
L'avion était toujours en bout de piste, hier, où se poursuivaient les investigations. Des représentants de la compagnie marocaine Atlas Blue sont venus examiner l'avion pour préparer son relevage, qui aura lieu ce week-end. En attendant, la plate-forme aéroportuaire reste fermée jusqu'à lundi soir ou mardi.
Philippe MIRKOVIC.
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