Football : A Lyon, Franck Dumas optera pour la continuité
A l'aller à d'Ornano, Ben Arfa et Lyon étaient tombés face à Caen et Proment. Les Lyonnais n'ont pas le droit à l'erreur ce soir. Les Caennais jouent, : Stéphane Geufroi
Ligue 1. Lyon - Caen, ce soir (20 h). En cette fin de saison, Dumas désire amener du sang neuf. Cela se fera par retouches.
Franck Dumas a semblé tiraillé entre deux désirs au soir d'un maintien acquis à quatre journées du terme de la saison. « Le classement final est important pour le club », lançait -il, avant d'évoquer son désir de « faire participer tout le monde », sur la fin de championnat. Soit, donc, relancer des joueurs peu utilisés cette saison. Est-ce conciliable ? En coupe de la Ligue, à Toulouse, Malherbe avait montré qu'il pouvait compter sur un groupe large, puisque ce soir-là, les remplaçants avaient écopé le pont d'un navire qui prenait l'eau en championnat.
Mais si Dumas apportera des changements, ce sera par petites touches. D'abord, pour une question d'équilibre général de l'équipe. Celui-ci retrouvé après un hiver très rude, on n'imagine mal, le coach jouer les funambules. Egalement parce qu'un classement intéressant est une garantie de subsides pour le futur recrutement. Et dans l'entonnoir actuel de la Ligue 1, Caen ne désespère pas pour l'instant de jouer quelque chose. « On connaît l'enjeu économique pour le club », résument Proment et Planté. « Et il n'y aura pas de relâchement, promet l'ancien messin qui ne s'imagine pas ailleurs qu'à Caen l'an prochain. On a envie de continuer sur la voie sur laquelle on est, d'avancer, de progresser encore et de nous situer par rapport à Lyon. Gagner à Lyon serait fantastique pour nous, super pour le championnat. » Pour Proment, aucun souci, la dynamique peut se poursuivre « avec n'importe quel élément du groupe ».
Mais il n'y aura pas de révolution chez le multiple champion de France. Franck Dumas n'a pas modifié son groupe si ce n'est en remplaçant numériquement Deroin par Quellier. « Je n'ai pas vraiment le choix, indique le coach. Thiam et Samson ont encore besoin de jouer en CFA, Mazure est blessé. Je confirme que je ferai des changements, mais on ne va pas faire tout et n'importe quoi. On va chez la meilleure équipe de France, qu'on respecte, on veut s'appuyer sur la qualité qu'on a montrée dans le jeu ces derniers temps. Si j'incorpore des joueurs, ce sera au fur et à mesure ».
Sans pression
Forcément, les absences de Deroin et Seube obligent à une redistribution de quelques cartes. Lemaître occupera le flanc gauche, alors que Gomis (milieu droit à l'aller pour bloquer les montées de Belhadj depuis revenu à Lens) devrait être aligné en milieu défensif avec Proment, ce qui donnera davantage de dimension physique au milieu (pas inopportun à Lyon), Nivet remontera logiquement d'un cran.
Costil qui aimerait sans doute d'ici la fin de saison avoir l'opportunité d'enfiler à nouveau les gants devra patienter. Svensson aussi. Mais le cas du Suédois est un dilemme. Leca est remarquable depuis sa prise de fonction au poste, Thiam aussi a très bien fait le boulot. Dumas est déjà à l'heure des choix. Compliqué, mais moins ardu que de s'arracher pour un maintien, que de se faire des cheveux gris au coeur d'une spirale négative. Svensson prendrait comme un gage de confiance en l'avenir d'avoir l'opportunité de jouer : « J'y pense toujours, confie Dumas, mais pas à Lyon. On verra pour le match d'après ».
Caen, inconstant et en manque de points à l'extérieur, (18e de ce classement, avec 12 points en 16 matchs) a un challenge plus que compliqué à Lyon, leader sans droit à l'erreur face au promu, avec des Bordelais à l'affût. Mais si le challenge normand est énorme, le baromètre a sévèrement chuté en pression samedi dernier. Que vaut Caen libéré ?
David GUEZENNEC.
Ouest-France