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Malgré un énorme match, le pack caennais, renforcé ici par Drayton (2e à gauche), a cédé d'un souffle devant Montpellier, dimanche à Issoudun. : La Nouvelle RépubliqueC'est la défaite la plus frustrante depuis le temps que j'entraîne cette équipe. On a dominé dans les intentions de jeu, dans la possession du ballon, mais aussi en touche. Et en mêlée, on a fait jeu égal.
Que s'est-il passé alors ?
Au moment de conclure, on a péché par maladresse ou précipitation. J'ai compté au moins quatre occasions franches de marquer, mais on a mis tellement de coeur que la lucidité nous a fait défaut. À la pause, on est à 3-3, on aurait dû mener de dix points...
Montpellier était-il plus fort ?
(catégorique) Sûrement pas ! Cette équipe a pourri le jeu. Ce plan a fonctionné, tant mieux pour elles.
Quel fut le tournant du match ?
L'essai encaissé dès la reprise. L'équipe s'est mise un peu à paniquer, en développant des choix de jeu pas toujours adaptés. J'avais pourtant insisté à la mi-temps sur le fait qu'on connaîtrait des temps faibles.
Qu'avez-vous à reprocher à vos joueuses ?
En fait, rien... Elles ont livré un combat énorme. On a quitté Issoudun sur un goût d'inachevé. C'est d'autant plus râlant que cette équipe montait en puissance.
Que manque-t-il à l'Ovalie caennaise pour parvenir à ses fins ?
Notre courte défaite est le reflet de la situation actuelle. Nos adversaires ont voyagé dans le bus des garçons de Montpellier Hérault. Six joueuses sont employées par le club, d'autres par la mairie. Toulouges, l'autre finaliste, s'appuie sur le vivier du club de Perpignan. Nous, nous n'avons même pas un club-house pour nous réunir. Nous manquons de moyens, hélas...
La finale du championnat procédera donc d'une logique économique ?
Absolument ! Sportivement, nous n'avons rien à envier aux autres. Chaque année, nous formons des jeunes, eux recrutent à tout-va.
Est-ce que ça peut changer ?
Je ne sais pas... Ce qui est vrai, c'est que nous avons trouvé une oreille plus attentive auprès de la nouvelle municipalité, qui apprécie notre travail. J'espère que les choses vont évoluer.
Allez-vous rempiler ?
Avec Yannick (NDLR : son adjoint), on va réfléchir, rencontrer les dirigeants. Il existe un phénomène d'usure. On va aussi discuter avec les joueuses.
Certaines vont-elles arrêter ?
Oui. Estelle (Sartini), Aurélie (Gauquelin) et Cindy (Drayton), autant de filles qui ont beaucoup donné à Caen.
Votre pronostic pour la finale, le 8 juin ?
Je vois Toulouges (NDLR : vainqueur de Lons 37-0 en 1/2 finale) l'emporter. C'est une plus grosse armada.
Recueilli par
Jean-Pascal ARIGASCI.
Quatre Caennaises rejoignent Marcoussis aujourd'hui. Sartini, Labbey, Vaupré et Rabier disputeront le championnat d'Europe aux Pays-Bas, à compter de samedi.