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Nadège Labbey est un pilier de devoir. Sa prochaine mission : faire souffrir le pack anglais. : Marc OlejnikUn France - Angleterre, en matière d'Ovalie, est toujours obtus. Les filles n'échappent pas à la règle : « Je pense que c'est l'équipe à battre, avance Nadège, timidement. Enfin je pense. Je n'ai pas assez d'expérience internationale, mais je crois que c'est ce que pensent les anciennes. » Malgré ses 28 ans, 29 au bout du mois, ses deux petites capes lui confèrent un air de jeunette. Alors, avant d'aller salir sa tresse dans les regroupements, le pilier de l'Ovalie caennaise écoutera Estelle Sartini, l'aînée. « Elle m'épaule bien », dit la dessinatrice, spécialiste en plans de construction de bâtiment.
Son schéma de carrière personnel s'est révélé tortueux. « J'ai débuté le rugby à 22 ans, par hasard. » Celui-ci fait bien les choses, paraît-il. Il permet à Vire, ville pas forcément AOC en matière de rugby, d'être fournisseur officiel des Bleues, avec Sandra Rabier et Nadège Labbey. Celle-ci avait été enrôlée par un copain au tournoi néophyte de Bayeux. Yannick Amiot, coach de son état, passait par là. Il lui proposa de venir pousser en mêlée, Nadège y est restée engluée : « Je cherchais un sport co. J'avais fait de l'escalade, de la planche à voile, du badminton, du volley. Je ne connaissais rien au rugby, j'étais à la ramasse physiquement, mais ça m'a plu. Le côté collectif, l'esprit, l'impact. J'aime faire mal... »
En six ans, à force de pousser, elle a grandi. A amélioré sa mobilité, au point de convaincre le staff de l'équipe de France de l'habiller d'une tunique internationale. « Je vis une belle année, sourit-elle. J'espère qu'elle va continuer. » Car en six ans à Caen, jamais elle n'a pu conquérir le titre de championne de France. « J'ai perdu cinq finales, ressasse-t-elle. Mon plus grand souhait, c'est de soulever le Bouclier. » En attendant, ce sont les Anglaises qu'il faudra enfoncer.
D. F.
France - Angleterre, samedi à 16 h à Bergerac.